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La Fédération Française des Maisons de l’Europe a remporté l’appel à propositions que publie chaque année la Direction Générale de l’Agriculture et du Développement Rural (DG AGRI) de la Commission européenne.

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Editorial - 3 juillet 2018 - Européens, retrouvons nos repères

Le 23 février 2016, notre présidente Catherine Lalumière saluait dans son édito sur notre site le courage d’Angela Merkel qui venait d’ouvrir les frontières de l’Allemagne à des centaines de milliers de réfugiés. Et elle déplorait déjà l’attitude d’autres dirigeants européens qui « par peur de mécontenter les opinions publiques hostiles - ou présumées hostiles - à l’ouverture, brandissent sans complexe leur volonté de fermeture ».Elle ajoutait : « On est en train de prendre un chemin qui est à l’opposé de l’idéal humaniste européen…».

Deux ans et demi plus tard, alors même que les flux migratoires à travers la méditerranée ont diminué, le dernier sommet européen des 28 et 29 juin a donné le spectacle de l’hystérisation, par des dirigeants fossoyeurs des principes mêmes qui fondent l’Union à laquelle ils adhèrent, du débat empoisonné sur les migrations. Une fois de plus, on est arrivé à un compromis ; l’Union n’a pas craqué : l’invraisemblable imbroglio du Brexit démontre jour après jour à quel point les économies des états membres, et tout simplement les vies quotidiennes des citoyens européens, sont étroitement imbriquées, et personne ne veut prendre la responsabilité d’une rupture. Mais rien n’a été réglé, la nécessaire révision en profondeur du système de « Dublin » est repoussée à plus tard, et des sujets importants pour l’avenir de l’UE tels que le renforcement de la zone euro et l’achèvement de l’Union bancaire n’ont même pas pu être abordés…

Ceux qui ont eu la chance d’approcher Simone Veil peuvent penser que face à une telle situation cette femme remarquable que la France vient d‘accueillir dans son Panthéon aurait éprouvé une de ces colères qu’on lui connaissait… Cette femme de volonté et de courage, elle qui a toujours préféré  la réconciliation à la haine, dont l’action tant comme responsable politique française qu’à la tête du Parlement européen a été inspirée par l’ouverture, la tolérance et la défense de la dignité et des droits humains (à commencer par ceux des femmes) - quelle référence représente -t-elle encore pour les dirigeants européens des générations suivantes et en particulier pour certains  membres du  parti politique européen qui fut le sien ? Le jeune Sebastian Kurz est-il capable, à travers son exemple, d’entendre les leçons de l’histoire pour mieux préparer l’avenir de cette Union dont il vient de prendre la présidence semestrielle ?

Certes le monde a changé du tout au tout ces vingt dernières années. Nos repères d’européens sont bouleversés par des conflits d’un nouveau type, par l’émergence de nouveaux acteurs mondiaux, par la prise de conscience d’immenses défis technologiques et écologiques ; mais ils n’ont pas disparu. À ces défis, ni l’aveuglement, ni la peur, le repli sur soi et le refus de l’autre ne seront jamais la réponse, l’exemple de Simone Veil est là pour nous le rappeler. Puisse-t-il inspirer nos dirigeants – et nous-mêmes au quotidien.

Martine Buron
Présidente de la FFME